L’Académie espagnole de Tauromachie a dévoilé un projet monumental consistant à ériger un taureau de 300 mètres de hauteur afin de transformer le paysage touristique national. Cette proposition audacieuse divise l’opinion.
C’est un projet présenté comme « une grande icône touristique » : la construction d’une structure de 300 mètres de hauteur en forme de taureau géant. Le concept imaginé par l’Académie espagnole de Tauromachie ne manque pas d’atouts.
Il incarnerait un symbole national fort tout en servant de vitrine culturelle pour l’Espagne. Chaque détail a été pensé pour maximiser l’attractivité touristique du projet. Les visiteurs pourraient explorer l’intérieur du taureau et accéder aux cornes notamment, offrant des points de vue spectaculaires sur les environs.
À la base du monument, des zones commerciales spécialisées dans l’univers de la tauromachie seraient installées, avec des restaurants, des boutiques de souvenirs et des espaces culturels. Il est également prévu d’entourer le taureau géant d’un vaste parc thématique.
L’objectif est de créer un véritable pôle d’attraction touristique, capable de générer des revenus durables. « L’Espagne n’a pas de grande icône matérielle pour la représenter. Alors quoi de mieux que le taureau ?« , s’interroge l’Académie de Tauromachie dans un communiqué.
La Tour Eiffel comme horizon économique ?
À l’échelle internationale, ce monument surpasserait des symboles mondialement reconnus comme la Statue de la Liberté new-yorkaise, avec ses 93 mètres, la Tour de Pise et ses 57 mètres. Seule la Tour Eiffel, culminant à 330 mètres avec son antenne, conserverait sa supériorité.
« L’Espagne manque aujourd’hui d’une attraction touristique majeure comparable à celle d’autres pays », relève l’Académie dans un communiqué, citant la Tour Eiffel comme référence économique. En 2023, le monument parisien a généré environ 110 millions d’euros de recettes via quatre grands pôles d’exploitation.
Malgré ses atouts, le projet peine à trouver preneur sur le territoire espagnol. Madrid, la capitale, a d’ores et déjà décliné l’offre, obligeant l’Académie nationale de Tauromachie à élargir ses recherches et à lancer un appel aux municipalités potentiellement intéressées.
Un accueil mitigé et de vives tensions
Certaines villes comme Burgos ou Elmolard ont été évoquées dans les discussions selon la presse espagnole, mais aucune confirmation officielle n’a été apportée. Cette situation révèle les réticences locales face à un projet qui divise autant qu’il fascine.
Les éléments de dissuasion potentiels vont des contraintes budgétaires à l’impact environnemental, en passant par l’opposition citoyenne ou encore les questionnements sur la pertinence culturelle d’un tel symbole dans l’Espagne contemporaine.
Le projet pâtit également de la désaffection croissante de la population vis-à-vis de la tauromachie en Espagne, tradition séculaire jadis profondément ancrée dans l’identité culturelle espagnole. D’après un sondage Ipsos réalisé en 2023 et publié cette année, 77 % des Espagnols se déclarent opposés à la corrida.