Le réalisateur américain livre dans ce long métrage disponible sur Netflix, grâce au duo emblématique Matt Damon-Ben Affleck, un polar surprenant qui bouleverse les codes du genre.
The RIP s’impose d’emblée comme l’un des longs-métrages à ne pas manquer en ce début d’année 2026 sur Netflix. Il marque en effet le retour inspiré de Joe Carnahan après une série de réalisations jugées en demi-teinte (L’Agence tous risques, Boss Level, Shadow Force, entre autres).
Tiré d’un fait réel, le film s’inspire du scandale des Miami River Cops, qui ébranla la police de la ville à la fin des années 1980. Il met en scène la « team TNT », une brigade d’élite chargée de récupérer l’argent sale circulant dans le milieu criminel local.
Leur particularité ? Des chiens entraînés non pas à flairer la drogue, mais les billets de banque. Une obligation légale les conduit à compter les sommes directement sur les lieux d’intervention, générant des huis clos étouffants qui nourrissent toute la tension dramatique du récit.
C’est précisément cette situation qui sert de toile de fond à l’intrigue. Une unité de police est dépêchée dans une maison isolée après un signalement lié à un trafic de stupéfiants. Pensant saisir quelques centaines de milliers de dollars, les agents tombent sur un magot de 20 millions dissimulé dans les murs de la demeure d’une jeune Colombienne.
Un huis clos de loyauté
Sur place, l’opération tourne vite à l’épreuve morale. Le décompte de l’argent devient un véritable test d’intégrité, les officiers luttant entre la tentation et la peur d’une riposte imminente des véritables propriétaires des lieux, probablement un cartel.
Le casting réuni par Carnahan impressionne autant par sa cohérence que par sa puissance. Matt Damon et Ben Affleck, également producteurs, rayonnent à l’écran malgré la cinquantaine bien entamée.
Ils partagent l’affiche avec Steven Yeun (le célèbre Glenn de The Walking Dead), Kyle Chandler, rarement aussi inquiétant malgré son visage affable habituel, et Scott Adkins, qui troque ici ses prouesses martiales contre une intensité dramatique saisissante.
Une mise en scène épurée et maîtrisée
The RIP s’impose avant tout comme une leçon de mise en scène. Carnahan, déjà reconnu pour sa rigueur depuis Narc, démontre une finesse remarquable dans sa façon de jouer avec le hors-champ et de détourner les attentes du spectateur.
Là où ses films récents souffraient d’un trop-plein d’énergie, il opte ici pour une approche plus dépouillée et nerveuse : pas d’effets tape-à-l’œil, pas de virtuosités inutiles, mais une précision millimétrée dans le rythme et la tension.
Les séquences d’action, bien que présentes, évitent toute surenchère. Fascinant du premier au dernier plan, The RIP condense plusieurs genres à la fois : polar corrompu, thriller en espace clos, film d’action et parfois même slasher, lorsque les personnages se retrouvent isolés.
