Le rappeur canadien, accompagné de deux complices présumés, fait l’objet d’une action collective les accusant d’avoir artificiellement augmenté les écoutes de sa musique sur les plateformes dédiées, notamment à travers l’utilisation d’un site de paris en ligne.
Alors que les statistiques le placent en tête des artistes les plus écoutés au Canada et parmi les plus populaires au monde sur Spotify en 2025, un nouvel épisode judiciaire pourrait remettre en cause cette image.
Le rappeur canadien, de son vrai nom Aubrey Drake Graham, fait en effet l’objet d’une action collective fédérale fondée sur la loi RICO (Racketeer Influenced and Corrupt Organizations Act), une législation américaine destinée à combattre le crime organisé. Il est soupçonné d’avoir artificiellement gonflé les écoutes de ses titres sur les principales plateformes de streaming musical.
La plainte, déposée la semaine dernière devant un tribunal de Virginie par deux habitants de cet État, cite également l’influenceur Aiden Ross et un Australien nommé George Nguyen. Le dossier met en cause leur collaboration à travers le site de paris en ligne Stake.us.
Selon une enquête du Financial Times datant de 2022, Stake verserait à Drake environ 100 millions de dollars par an pour promouvoir la plateforme via ses divers canaux de communication.
Soupçons de manipulation et zones d’ombre financières
Le recours collectif affirme que Drake, Ross et Nguyen auraient exploité une fonction de pourboire (« tipping ») intégrée à Stake pour transférer de l’argent entre eux. Ces transactions auraient permis de financer des fermes d’engagement et des bots automatisés, destinés à gonfler le volume d’écoutes de la musique de Drake sur les plateformes numériques.
Le document judiciaire précise que Nguyen, décrit comme un « facilitateur et courtier opérationnel », aurait supervisé la stratégie d’amplification en convertissant la cryptomonnaie issue de Stake en liquidités, avant d’orchestrer le déploiement de réseaux de faux comptes.
Les trois accusés auraient également profité des fonctionnalités internes de Stake pour masquer les montants réellement investis dans cette fraude présumée. Cette manœuvre, selon la plainte, aurait notamment créé deux catégories de victimes distinctes.
Un nouvel album en préparation
D’un côté, les utilisateurs de Stake.us, victimes de pertes financières. De l’autre, les plateformes de streaming comme Spotify et les artistes concurrents, dont les revenus auraient été réduits par ce déséquilibre du marché.
Les services d’écoute en ligne reposent en effet sur un modèle de rémunération indexé sur le volume d’écoutes : plus un artiste génère de flux, plus sa part de revenus augmente. En trafiquant ses chiffres, Drake aurait ainsi amoindri les gains des autres créateurs, dont la visibilité en pâtit.
Pour le rappeur torontois, cette procédure judiciaire survient à un moment clé de sa carrière, alors qu’il prépare la sortie d’un nouvel album. L’artiste a dominé les plateformes musicales l’an passé, totalisant près de 97,3 milliards d’écoutes en solo sur Spotify.
