Le mystérieux Gesaffelstein décroche un Grammy

Le producteur français a marqué la prestigieuse cérémonie cette année par une apparition aussi sombre qu’énigmatique, éveillant la curiosité autour de l’identité dissimulée derrière son masque.

Peu de gens accèdent au sommet de leur art sans laisser transparaître la moindre émotion. Gesaffelstein, lui, y est parvenu dans la nuit du 2 au 3 février dernier, traversant la scène de la Crypto.com Arena de Los Angeles avec un calme déroutant.

Sacré aux Grammy Awards dans la catégorie Best Remixed Recording pour sa relecture du titre Abracadabra de Lady Gaga, le producteur français est apparu vêtu d’un smoking noir, le visage dissimulé derrière son célèbre masque, avant de disparaître sobrement, trophée en main.

Si cette apparition a pu déconcerter certains, elle n’a surpris en rien ses proches. De son vrai nom Mike Lévy, le musicien de 40 ans originaire de Lyon est décrit par son show designer, Pierre Claude, comme un artiste peu à l’aise face au public.

« La seule chose qui intéresse Mike c’est la création. Il se cache derrière son œuvre », confie Alexandra Pilz Hayot, sa manageuse, interrogée par Le Parisien.

Un talent éclatant de mystère

Fidèle depuis ses débuts à son esthétique sombre — tenue noire et lunettes opaques — Gesaffelstein cultive une aura de mystère qui tranche avec l’exubérance de la scène musicale actuelle. Son génie, en revanche, ne cherche qu’à briller.

« Il est incroyable, vraiment incroyable. Il est complètement rare et unique. J’ai beaucoup appris de lui. J’ai tellement aimé simplement parler de musique avec lui, et d’art également« , déclarait Lady Gaga en avril 2025, évoquant sa collaboration avec celui qu’on surnomme volontiers le prince noir de la techno, lors d’une interview accordée au Youtubeur Hugo Décrypte.

Douze ans plus tôt, Gesaffelstein cosignait deux morceaux de l’album Yeezus de Kanye West : Black Skinhead et Send It Up. Cette même année, il publiait son premier opus, Aleph, chef-d’œuvre de techno cinématique et obscure.

Une reconnaissance au-delà des frontières

Des titres comme Pursuit ou Hate or Glory combinent rythmiques implacables et mélodies obsédantes. La pochette dorée dépouillée de l’album symbolise son univers : une quête d’équilibre entre technologie et émotion.

Rapidement, Aleph devient culte, s’imposant comme une référence majeure du genre. En 2019, il revient avec Hyperion, un disque plus audacieux et lumineux. Ses collaborations avec The Weeknd sur Lost in the Fire et Pharrell Williams sur Blast Off explorent de nouveaux horizons sans renier sa signature ténébreuse.

Au-delà de la musique, l’influence de Mike Lévy s’étend à la mode et au cinéma. Il compose la bande originale du film Maryland, présenté au Festival de Cannes en 2015, et ses créations accompagnent plusieurs campagnes publicitaires prestigieuses.

Son allure monochrome et ses lunettes noires sont devenues emblématiques, incarnant à elles seules l’essence du personnage Gesaffelstein.

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