Le légendaire chanteur et compositeur a saisi son micro pour dénoncer les exactions de la police migratoire à Minneapolis, devenue le symbole de la révolte contre Donald Trump à travers le pays.
« Ô notre Minneapolis, j’entends ta voix. Chantant à travers la brume sanglante. Nous prendrons position pour cette terre. Ici, dans notre foyer, ils ont tué et déambulé ». Dans Streets of Minneapolis, Bruce Springsteen ne mâche pas ses mots pour dénoncer l’offensive menée par l’administration Trump dans cette ville du Minnesota.
Depuis plusieurs semaines, cette région du Midwest, cœur historique des manifestations Black Lives Matter après la mort de George Floyd en mai 2020, est redevenue le théâtre d’affrontements entre manifestants et agents fédéraux de l’ICE (Immigration and Customs Enforcement) chargés d’opérations d’expulsion massives.
Ces interventions controversées, mêlant brutalité policière et atteintes aux droits humains, ont déjà coûté la vie à deux habitants : Renee Good, tuée le 7 janvier 2026 par la police migratoire, et plus récemment Alex Pretti, mort le 24 janvier lors d’un affrontement avec la police aux frontières (CBP).
Dans son morceau dévoilé le 28 janvier, Springsteen s’élève avec force contre ces dérives.
Des paroles en résonance avec la rue
« Je vous la présente aujourd’hui en réaction à la terreur d’État qui s’abat sur la ville de Minneapolis. Elle est dédiée aux habitants de Minneapolis, à nos voisins immigrés innocents et à la mémoire d’Alex Pretti et de Renee Good », écrit l’artiste surnommé « The Boss », sur les réseaux sociaux.
Le message véhiculé par ce titre de quatre minutes et demie fait écho aux slogans scandés par les manifestants dans les rues, notamment « No ICE in Minneapolis » (Pas d’ICE à Minneapolis).
« Durant l’hiver de 26, nous prendrons position pour cette terre et l’étranger parmi nous. Nous nous souviendrons des noms de ceux qui sont morts dans les rues de Minneapolis », chante la légende du rock américain.
Une tradition d’hymnes de protestation américains
La chanson reprend la trame narrative et la charge émotionnelle caractéristiques de l’artiste, dans la lignée de Streets of Philadelphia, sorti dans les années 1990 et consacré à la crise du sida.
Le rockeur y vise directement Stephen Miller, ancien conseiller radical de Donald Trump, qu’il accuse de « manipulation » après avoir présenté Alex Pretti comme un « criminel potentiel ». Il interpelle également Kristi Noem, secrétaire à la Sécurité intérieure, qui avait défendu la thèse de la légitime défense avant que les images ne la contredisent.
Avec Streets of Minneapolis, Bruce Springsteen s’inscrit dans la continuité des grands hymnes de protestation américains. Comme le rappelle le correspondant de CBS News, chaque période de crise aux États-Unis a vu surgir des artistes capables de traduire en musique l’esprit de résistance et la douleur collective.
