La guerre culturelle américaine s’invite à la tournée de Kid Cudi

Le rappeur a mis fin à la collaboration avec M.I.A. suite à son monologue politique controversé lors d’un récent concert à Dallas.

« Après les derniers concerts, j’ai été inondé de messages de fans mécontents de ses discours. Pour moi, c’est très décevant, et je n’aurai pas quelqu’un sur ma tournée qui tient des propos offensants qui perturbent mon public. »

C’est par ce message, publié le 2 mai sur Instagram, que Kid Cudi a annoncé le départ de M.I.A. de sa tournée Rebel Ragers, ouverte le 28 avril à Phoenix.

Tout a basculé deux jours plus tôt, lorsque l’artiste de son vrai nom Mathangi « Maya » Arulpragasam, et invitée spéciale de la tournée, s’est lancée dans une tirade politique à Dallas, avant d’interpréter son morceau « Illegal », un jeu de mots sur le terme « illegal » (illégal).

« Je ne vais pas interpréter Illegal, même si je sais qu’il y en a beaucoup parmi vous dans la foule qui le sont », a lancé la rappeuse au public. Cette remarque, perçue comme une attaque directe contre les immigrés sans papiers présents dans l’assistance, a immédiatement suscité des huées massives.

Une tentative de rétropédalage jugée insuffisante

Cette sortie est d’autant plus paradoxale que M.I.A., née à Londres de parents sri-lankais, n’est pas elle-même citoyenne américaine et a besoin d’un visa pour se produire aux États-Unis.

Cette sortie est d’autant plus paradoxale que M.I.A., née à Londres de parents sri‑lankais, n’est pas elle‑même citoyenne américaine et dépend d’un visa pour se produire aux États‑Unis. Constatant l’ampleur de la polémique, la chanteuse a tenté de se rattraper en affirmant qu’elle était elle‑même « illégale » et que la moitié de son équipe n’avait pas pu obtenir de visas pour l’accompagner en tournée.

« Ne croyez pas ce que vous lisez sur Internet », a‑t‑elle ajouté, cherchant visiblement à minimiser l’impact de ses premiers propos. Mais ce changement de ton n’a guère convaincu, d’autant que l’interprète de « Mata » revendique depuis plusieurs années un soutien à Donald Trump et se décrit comme une « brown Republican voter », ce qu’elle a répété sur scène à Dallas.

Cette controverse n’est pas une première pour M.I.A., connue pour ses prises de position politiques tranchées et déjà bannie d’Instagram pour des publications controversées.

Une réponse qui enfonce le clou

« J’ai dit à mon équipe d’envoyer une notification à son équipe avant le début de la tournée : je ne voulais rien d’offensant lors de mes concerts. Je savais déjà à quoi m’en tenir, et on m’avait assuré que les choses étaient comprises », a expliqué Kid Cudi.

Face à son éviction, M.I.A. a répliqué sur X en défendant son long historique de militantisme sur les questions d’immigration. « J’ai écrit ‘Illegal’ en 2010. J’ai écrit ‘Borders’, ‘Illegal’ et ‘Paper Planes’ avant que vous pensiez que les droits des immigrés étaient cool. J’ai mené ces batailles seule sans l’aide de millions de fans me soutenant« , a-t-elle affirmé.

L’artiste a également invoqué des références religieuses, déclarant que « Jésus revient pour diriger le monde avec justice parce qu’il y a de l’injustice dans ce monde« , et bénissant ceux qui luttent quotidiennement pour la justice.

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