Tyra Banks saisit la justice contre Netflix

La plateforme de streaming est accusée d’avoir manipulé des heures d’interview pour fabriquer un récit faux et dévastateur sur l’ancienne animatrice du célèbre concours de mannequinat America’s Next Top Model.

La supermodel et animatrice américaine Tyra Banks a déposé, le 13 juin 2026, une plainte de 65 pages devant le tribunal fédéral du district central de Californie contre Netflix. En cause : la docusérie Reality Check: Inside America’s Next Top Model, disponible sur la plateforme de streaming depuis février 2026.

Le documentaire en trois parties revient sur le concours de mannequins America’s Next Top Model (ANTM), diffusé de 2003 à 2018, dont la plaignante fut la créatrice et l’animatrice emblématique.

La plainte, rédigée par le cabinet Clare Locke — spécialisé dans les dossiers de diffamation et connu notamment pour ses victoires contre Fox News dans l’affaire Dominion Voting — formule quatre chefs d’accusation principaux.

Elle évoque la « fausse lumière », la diffamation par implication, la rupture de contrat et une fausse approbation au titre du Lanham Act, loi fédérale qui encadre les marques commerciales, les marques de service et la concurrence déloyale aux États‑Unis.

Une mise en scène délibérée autour d’une agression sexuelle

Selon la requête, Tyra Banks avait accordé aux producteurs un entretien de trois heures et demie, dont seulement seize minutes ont finalement été conservées dans la série.

Ces extraits auraient été, d’après ses avocats, « dépouillés de leur contexte et réassemblés pour soutenir un récit faux et diffamatoire, sans rapport avec ce qu’elle avait réellement exprimé », les passages où elle reconnaissait sa part de responsabilité dans les controverses de l’émission ayant été purement évacués.

Le cœur de l’affaire tourne autour d’un épisode particulièrement sensible impliquant Shandi Sullivan, ancienne candidate de la saison 2, filmée en 2003 à Milan lors d’une soirée arrosée.

Dans la docusérie de Netflix, Sullivan décrit cet épisode comme une agression sexuelle et estime que la production aurait dû intervenir pour la protéger. Or, la plainte affirme que Banks n’avait pas été informée, lors de son entretien avec les réalisateurs, que Sullivan qualifierait cet événement d’agression.

Un accès tardif à la version finale et une image utilisée sans consentement

Les producteurs lui auraient néanmoins posé la question : « Tu te souviens de l’histoire de Shandi ? », sans lui préciser que Sullivan avait tel. L’épisode montre alors Banks lever les yeux, hésiter, dire « euh », avant que l’écran ne vire au noir.

Cette coupure est qualifiée de « délibérée et dévastatrice » par ses avocats. D’après ces derniers, les rushes complets montreraient en réalité Banks acquiescer et répondre : « Je me souviens de son histoire. »

Au‑delà de ce montage présenté comme trompeur, la plainte interroge aussi la manière dont Tyra Banks a été associée au projet. Elle affirme n’avoir eu accès à la version définitive de la série documentaire que le 15 février 2026, soit la veille de sa mise en ligne sur Netflix, alors même que les bandes‑annonces, supports promotionnels et campagnes de presse étaient déjà diffusés.

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